Le Pays Briard parle de ma-residence.fr

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On l’appelle le réseau des voisins et c’est bien sur le concept de la proximité, de la combinaison du virtuel et du réel qu’il est fondé…

Charles Berdugo, président et fondateur de ma-residence.fr interviewé dans le Pays Briard

ma-residence.fr est à l’honneur sur Le Pays Briard où le président et fondateur Charles Berdugo a été interviewé et a répondu avec plaisir à toutes les questions sur le site ma-residence.fr.
Découvrez l’interview exclusive de Charles Berdugo !

Bonne lecture à tous !

Le Pays Briard : Lorsque vous avez fondé le site ma-residence.fr, il s’agissait, n’est-ce pas, de lier le virtuel au réel ou le virtuel au réel ? Il s’agit de donner de vraies raisons aux échanges ou de multiplier, dans le virtuel, les raisons de se rencontrer dans le réel ?
Charles Berdugo :
Exactement. Il s’agit d’utiliser Internet, le numérique, non pas pour rester derrière son écran, mais pour utiliser cette impulsion pour provoquer la rencontre. Nous partons du principe qu’Internet est un vrai outil pour créer du lien social. C’est l’objet de ma-residence.fr. Ce virtuel mis au service du réel, c’est notre objet. Si vous avez une perceuse, vous n’êtes pas obligé de la prêter, mais si vous souhaitez rendre ce service et que vous l’avez dit sur le site, vous devrez rencontrer l’autre.
LPB : À Coulommiers, où vous êtes présent depuis 2011, 10 % des foyers de la ville seraient déjà connectés à ma-residence.fr. Qu’est-ce qui explique ce succès ?
CB :
On se rend compte que les Français ont besoin de se faciliter leur quotidien… On parle de 70 % des Français qui déclarent faire confiance à leurs voisins, on parle de 94 % qui se disent prêts à rendre service à leurs voisins, que 82 % aimeraient pouvoir compter sur leurs voisins en cas de besoin. On voit donc bien que ce besoin de solidarité local est attendu et, en même temps, il y a des volontaires capables d’y répondre. C’est cela que nous avons déjà vécu, en grandeur réelle, dans les différents territoires où nous avons activé ma-residence.fr et c’est cela qu’on a connu à Coulommiers : finalement les gens veulent se rapprocher de leurs voisins. Ils ont besoin de se faciliter leur quotidien parce qu’ils doivent partir en vacances et qu’ils ne savent pas comment faire arroser leurs plantes ou parce que la grand-mère a besoin qu’on lui achète le pain chaque jour même pendant les vacances… Tous ces services qui viennent faciliter le quotidien permettent le vivre-ensemble et ils deviennent possibles parce qu’on les a outillés avec ma-residence.fr. Du coup, les 10 % de Coulommiers restent bien faibles par rapport aux 25 % que nous avons aujourd’hui à Évry, dans l’Essonne. Nous allons donc accélérer la cadence à Coulommiers, après les élections municipales qui ont évidemment ralenti la communication. Ce chiffre va donc augmenter…
LPB : L’actualité de ma-residence.fr à Coulommiers, c’est aussi l’installation du “hall numeric” au sein du centre administratif. Pouvez-vous nous expliquer ce qu’est exactement un “hall numeric” ?
CB :
Il vient prendre la place du panneau d’affichage en liège… Ce panneau où sont punaisées les informations, quand elles ne sont pas arrachées. Seulement, ce panneau est moderne, connecté à Internet… C’est la prolongation même de ma-residence.fr, ce panneau d’affichage. Il comporte trois rubriques qui viennent défiler : une première qui concerne les échanges entre voisins (je cherche une nounou, qui peut m’aider à monter une armoire, qui peut me prêter un outil, qui peut garder ma grand-mère, etc.). La deuxième rubrique concerne la vie du quartier : toutes les informations qui concernent la vie associative, tel ou tel événement culturel, une journée portes ouvertes organisée par des parents d’élèves ou un événement organisé par un commerce de proximité ou la collectivité locale… Toutes ces informations de quartier qu’on ne va pas chercher et qui ne viennent pas à nous. Là, elle devient visible par tous ceux qui fréquentent le hall d’immeuble… La troisième et dernière rubrique concerne les informations du lieu, de l’immeuble : le bailleur peut diffuser une information qui peut être technique (l’ascenseur est en panne, il sera réparé mercredi…). Ce peut être aussi bien des informations purement citoyennes de la part du bailleur qui est lui-même un acteur du lien social : il peut envoyer une information en cas de canicule (faites attention aux personnes âgées) ou simplement souhaiter bonnes vacances… Le hall numeric a donc toute sa place au sein des immeubles d’habitation, mais aussi au sein des bâtiments de la collectivité : gymnase, mairie, salle de spectacle… Et dans ces différents lieux, la mairie a un enjeu de communication. En moyenne, elle touche moins de 20 % de la population avec son journal diffusé à tous ! Là, on lui permet de créer du lien social et d’amplifier la communication municipale en la rendant visible au sein de lieux à haute fréquentation.
LPB : Pour que les choses soient bien claires, le hall numeric, tous les connectés peuvent l’abonder et ceux qui ne seraient pas du tout connectés peuvent y avoir accès, directement, sur place ?
CB :
Voilà… On parle beaucoup de la fracture numérique, là, on rend visible à Mme Michu de 92 ans, qui n’a jamais été sur Internet et qui ne sera jamais connectée, l’information. L’interactivité avec l’écran est possible. On a deux solutions : une tablette installée juste à proximité pour interagir et aussi installer une puce derrière l’écran qui permet de vous connecter avec votre mobile pour interagir sur l’écran…
LPB : C’est une question que l’on se pose à propos de tous les réseaux sociaux : quel est votre modèle économique ? En bref, de quoi vivez-vous en dehors de la commercialisation du “hall numeric” ?
CB :
À la base, c’est gratuit pour les utilisateurs, les associations et les commerces de proximité. C’est accessible par tous, gracieusement. Évidemment, on doit avoir un modèle économique qui permet d’assurer la pérennité. Ce modèle a été fixé avec les acteurs de la collectivité et de l’habitat, donc les bailleurs, les syndics, les promoteurs ou les collectivités locales. Eux paient un abonnement. C’est le premier niveau de monétisation de notre site. Le deuxième niveau, ce sont des acteurs nationaux qui agissent localement et qui sont intéressés par l’utilisation du réseau pour pouvoir assurer eux-mêmes une proximité, notamment en matière d’information. Un exemple : Orange veut vous informer de l’arrivée de la fibre dans votre immeuble et il va utiliser le réseau pour informer sur la fibre et sur les travaux qui seront nécessaires dans votre rue, dans votre immeuble. GDF-Suez pourra vous informer sur l’énergie dans votre quartier… Éco-Emballage pour vous dire comment mieux trier vos déchets dans votre immeuble… Cela reste des informations de grands services publics qui vont être envoyées via le réseau aux différents habitants. Tout cela complète notre dispositif économique de monétisation.
LPB : Pour conclure, comment voyez-vous l’avenir de ma-residence.fr en général et à Coulommiers en particulier ?
CB :
En général, un grand événement sera organisé à Paris XIe au mois de septembre. L’idée, c’est d’en faire une communication nationale (jusqu’alors, on n’a communiqué que localement) et à partir du dernier trimestre 2014, nous démarrons un plan de communication nationale qui va s’étendre sur le premier semestre 2015. L’idée est de conquérir le territoire national pendant cette période avant de pouvoir, fin 2015, nous étendre à l’international. L’Angleterre, l’Allemagne, la Suisse sont trois pays que nous ciblons particulièrement. Sur Coulommiers, une communication va être organisée et nous entendons ainsi passer de 10 à 20 % des foyers couverts. C’est notre objectif et nous allons l’atteindre !
LPB : Vous pouvez nous préciser ce que sera ce “grand événement” ?
CB : Ce sera un grand événement, en deux lieux, place de la République et du côté de la Bastille. Ils permettront de bien montrer le vivre-ensemble dans le voisinage, dans la vie locale, en faisant participer les habitants. Et cet événement pourra être reproduit dans d’autres territoires…
Propos recueillis par Jean-Michel Rochet
jean-michel.rochet@publihebdos.fr
Sur Twitter : @JMRochet

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A propos de l'auteur

Je suis Laure d'Ensembl' et j’ai la lourde tâche de devoir me présenter en 5 lignes maximum. Autant vous dire que pour une grande bavarde comme moi, l’exercice est très difficile ! Passionnée par le web et les nouvelles technologies, j’adore fouiner, farfouiller sur la toile à la recherche de bons plans, d’avis et de témoignages que je m’empresse ensuite de partager avec mes amis. Sur Ensembl', j’ai pour rôle de faire grandir la communauté, de l’animer en lançant des discussions au sein des quartiers et parfois des immeubles et de recruter des Ambassadeurs. Ne soyez pas étonné(e), si vous voyez souvent ma tête sur le site ou au sein de votre messagerie vous demandant de témoigner. Les choses que j’aime : le chocolat, les films de filles, les voyages et les sorties au théâtre.

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